Englobant une grande partie du centre-ouest de l’Aveyron, le Ségala constitue une des plus vastes entités paysagères de la région Midi-Pyrénées. Son étendue et ses nombreuses facettes justifient souvent l’emploi du pluriel « les Ségalas ». Ils se caractérisent par leur architecture nuancée par la géologie et un petit patrimoine bâti à destination rurale bien spécifique (architecture mixant bois et pierre, utilisation du schiste, du gneiss et du granit charpenté de châtaignier).

Le massif des monts du Lévézou est situé au cœur de l’Aveyron. Avec ses collines fortement érodées, il constitue le prolongement du Ségala vers l’Est. Mais son altitude plus élevée, au-delà de 800m, lui confère un caractère beaucoup plus rude et froid en raison des influences montagnardes. Les paysages du Lévézou ont connu de profondes mutations durant ces 50 dernières années avec les aménagements routiers et hydro-électriques. L’architecture a du s’adapter aux rudes conditions climatiques et on note la quasi absence d’ouvertures sur les façades nord. Sur les lignes de crêtes ondulantes du Lévézou s’étirent des jasses, témoins des estives passées et les quilles de berger balisent ses puechs.

« Paysages de l’Aveyron, portraits et enjeux » – Gérard Briane et Didier Aussibal – 2007 -Editions du rouergue

Schiste

Le schiste est une roche formée d’argile ayant sédimenté au fond d’une eau calme. Elle a pour particularité d’avoir un aspect feuilleté, et de se débiter en plaques fines.

Tourbières

En Aveyron, les tourbières sont essentiellement présentes sur l’Aubrac et le Lévézou. Elles représentent des milieux qu’il est important de préserver pour les multiples services qu’ils nous rendent (stockage et épuration de l’eau, production de fourrage lors des périodes de sècheresse, espaces supports d’activités traditionnelles comme la pêche, la chasse…)

Pour en savoir plus sur la tourbière des Rauzes et les Espaces Naturels Sensibles en Aveyron : http://aveyron.fr/thematiques/espaces%20naturels%20sensibles

Vache Highland

Les highlands sont des vaches rustiques, de petite taille, bien adaptées aux rigueurs du climat du Lévézou et aux milieux humides.

Origine du nom Ségala

C’est le seigle, céréale cultivée auparavant sur les sols maigres et acides du Ségala qui est à l’origine de son nom. Depuis l’avènement de la chaux, ces terres sont devenues parmi les plus fertiles du sud de la France.

Sécadou

La châtaigne a constitué la base de l’alimentation dans les vallées du Ségala. Les sécadous ou séchoirs à châtaignes en sont une trace discrète. Ils sont implantés à l’écart des habitations et des granges sans en être éloignés pour les surveiller et prévenir ainsi les incendies. Au niveau bas, une porte ouvre dans la pièce où était entretenu le feu, au dessus, à hauteur d’homme, des solives supportent des clés en bois ou grillage qui recueillaient les châtaignes. Le feu devait donner plus de fumée que de flammes et nécessitait un gardiennage long et suivi de 2 ou 3 semaines, les fumées épaisses emplissaient le séchoir et s’échappaient par la couverture et la petite ouverture au dessus de la porte.

CAUE de l’Aveyron – « Les bâtis emblématiques des paysages de l’Aveyron »

Quille de berger

Si les paysages ruraux se sont dessinés essentiellement par l’usage, les quilles de berger qui balisent les puechs du Lévézou, comme certaines cazelles caussenardes, trouvent une part non négligeable de motivations ludiques, voire d’expression artistique s’apparentant à des « installations » ou à du land art. Les puechs du Lévézou autrefois pâturés sont pointés de quilles-totem en pierre de schiste ou en gneiss érigées à sec. Sous forme de cône, elles se superposent à des tas d’épierrage. Certaines font 1 mètre de diamètre et 2 mètres de haut et sont dotées de marches en encorbellement formant un escalier hélicoïdal conduisant au sommet. De là-haut, les bergers surveillaient les troupeaux.
« Paysages de l’Aveyron, portraits et enjeux » – Gérard Briane et Didier Aussibal – 2007 -Editions du Rouergue

Rodez

Cathédrale de Rodez

La construction de la Cathédrale de Rodez a en effet débuté en 1277 et s’est terminé en 1542, soit près de 300 ans de travaux.

Styles architecturaux

A Rodez cohabitent en effet plusieurs styles architecturaux. On peut ainsi observer des maisons mêlant  harmonieusement une architecture de type renaissance et médiéval comme la maison dite d’Armagnac ou la maison de l’annonciation, toutes deux construites au 16è siècle.

Détails de la maison de l’annonciation : http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=12202_4

Détails de la maison dite d’Armagnac : http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=12202_5

C’est vers la fin du XIe et au début du XIIe siècle qu’une agglomération marchande s’est développée autour de la place du Bourg, elle aussi très tôt enclos dans un élément fortifié qui venait s’appuyer sur l’enceinte du prieuré et qui comportait trois entrées : le portail du Pas vers la Cité et ceux de Saint-Fabien et de Saint-Jacques vers le sud.

Comme dans la Cité, l’affirmation du pouvoir comtal s’est accompagnée de la construction de maisons fortes sur les fortifications ou dans leurs abords immédiats ; de nombreuses tours carrées prennent alors le nom de leurs seigneurs : près de la porte Martelenque, la tour de Saunhac, elle aussi dans l’enclos du monastère ; protégeant la place du Bourg, les tours bien visibles sur le plan de 1495 de la Ratayria (famille Ratier), de Nattes qui, reconstruite et modifiée par la suite, n’a disparu qu’en 1886, et enfin de Rames, à l’emplacement de la maison Boisse dite de « l’Annonciation ». À toutes ces maisons fortes devaient enfin s’ajouter au XIIIe siècle la « Salle Comtal », le palais du comte de Rodez, dont la tour était établie sur la rue reliant Saint-Amans à la place de l’Olmet.

Durant une grande partie du XIIe siècle, le nouveau pouvoir comtal devait se trouver affronté à celui des évêques et ce n’est qu’en 1161 qu’un « commun de paix » a réglé le différend : désormais, le pouvoir temporel serait partagé entre le comte qui était seigneur du bourg et l’évêque qui demeurait celui de la cité. Rodez devenait ainsi une ville double : chacune des deux parties, était gérée par un collège de consuls dont la plus ancienne mention remonte à 1208.

Grand Rodez – Dossier de candidature au label Pays d’art et d’histoire I 2013